De
l'autre côté, là-bas, est un autre monde, un pays nommé
Ladakh, haut plateau désertique, sous la garde de géants, nommés
Himalaya et Karakorum.
L'Indus, "le fleuve qui tombe de la bouche du lion", le traverse
et lui donne la vie. Oasis miraculées jaillies de la rocaille. Titanesques
escaliers fertiles arrachés aux pentes dénudées, terrasses
épanouies au creux de la vallée.
L'Indus omniprésent au Ladakh central où venu du Tibet, son
cours a transporté l'existence, la culture, la religion.
Son cheminement caravanier fut, des siècles durant, l'une des «Routes
de la Soie ", voie d'échanges, voie d'idées. Époque
dorée où la petite capitale, aujourd'hui endormie, résonnait
de tous les cris de l'Asie Centrale, où la rue principale et les venelles
étaient le Bazaar aux vives couleurs, aux multiples senteurs.
Sa percée à travers la chaîne Kailash diffusa, depuis
sa source au nord de la montagne sacrée, la pensée religieuse.
Les gompa, forteresses du Bouddhisme jalonnent ses rives légendaires.
Le Ladakh s'évase vers le Tibet interdit, dont il fut longtemps vassal
et toujours frère dans la religion bouddhique. Royaumé indépendant,
rattaché de nos jours au Kashmir indien, la neige ferme ses cols et
le rend à lui-même et aux seuls Ladakh-pa,
six ou huit mois l'an.
Voyage imaginaire. Voyage réel. Alternance, contrastes, découvertes.
Le Ladakh est toujours une quête de la lumière, une approche
de la sérénité, un voyage au bout de soi-même.
L'autre monde.